Pour une communication non-discriminante : l'écriture inclusive, quel impact réel ? 

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L’écriture inclusive vous concerne… parce qu’elle est l’un des outils pratiques de l’égalité entre les femmes et les hommes. 

Tout d’abord, l’écriture dite « inclusive » est un « ensemble d’attentions visant l’égalité dans les représentations entre hommes et femmes ».

Ce n’est pas une « féminisation » du langage ! Ecrire les « acteurs et actrices du secteur », lorsque l’on parle d’un groupe mixte, est simplement la reconnaissance de la présence de femmes. On rééquilibre le langage actuel qui, loin d’être neutre, est fortement masculinisé.

Pensons à la règle de grammaire du « masculin qui l’emporte sur le féminin » et du « masculin neutre ». Elle décrète de façon arbitraire une supériorité symbolique (si seulement elle n’était que symbolique…), et ce au mépris du bon sens. Cent femmes et un chien, on accorde au masculin !

Sa mise en pratique n’est pas compliquée. A l’aide du point médian, on s’arrangera pour associer les formes masculine et féminine du mot : « les élu·es », « les présentateurs·rices ». Le point que l’on trouve parfois avant le s du pluriel n’est pas nécessaire, ce n’est qu’un vestige de l’ancienne forme « les élu(e)s » - qui songerait encore sérieusement à mettre les femmes entre parenthèses ?

 Cette nouvelle forme, qui déchaîne les passions, n’est que l’une des formes que prendrait un langage non-sexiste. Le guide des bonnes pratiques pour les TPE et PME de la Ministre du Travail Murielle Pénicaud et de la Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et hommes Marlène Schiappa[1] en cite d’autres tout aussi importantes, notamment la féminisation des noms de métiers, dès lors évidemment qu’il s’agit d’une femme.

L’écriture inclusive ne fait que rendre visible la présence de femmes et d’hommes dans une société mixte. Contrairement à ce qu’affirment les détracteurs et détractrices de cet ensemble de pratiques, elle va dans le sens de la clarté et de la lisibilité. Qui n’a jamais tiqué devant un « elle » qui surgit au détour d’une phrase alors qu’on prenait benoîtement « l’auteur » pour un homme ?

On peut se poser la question de l’impact concret de ces modifications langagières. Elles ne suffiront pas à supprimer l’ensemble des inégalités entre hommes et femmes, c’est évident, en revanche elles participent de la lutte contre l’invisibilité et l’infériorisation des femmes. Nous agissons selon nos pensées, et nous pensons grâce au langage qui lui-même modèle nos représentations.

 

L’agence de communication Harris Interactive a tenté l’expérience, et vous pouvez y participer vous aussi.

Citez « deux présentateurs de journal télévisé ».

Vous les avez ?

A présent, citez « deux personnes présentant le journal télévisé ».

 

Vous avez pensé aux mêmes personnes ?

La formulation au masculin oriente l’esprit vers des hommes. Or nous voulons une société mixte, plurielle, avec une représentation équitable des deux sexes. Cette évolution passera par un changement de mentalités, mais pas sans y mettre du nôtre. Ici, la tâche n’est pas difficile, profitons-en !

 
[1] http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/guide_egalite_web.pdf

 

 

 

impact écriture inclusive

Pauline Arrighi
© 2017 - Stéphanie Vassal

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